Quelles montagnes autour de Grenoble ?

Grenoble est réputée pour son cadre spectaculaire, nichée au creux d’une vallée entourée de massifs alpins. La ville est ceinturée par plusieurs chaînes de montagnes majeures qui offrent un décor grandiose et de nombreuses possibilités d’activités de plein air. Les principaux massifs autour de Grenoble sont le Vercors, la Chartreuse et Belledonne, auxquels s’ajoutent le Taillefer et le massif des Écrins un peu plus éloigné.

Tour d’horizon de ces massifs grenoblois, avec leurs caractéristiques (altitudes, superficies, localisation) et leurs attraits touristiques, pour les curieux, habitants ou touristes en quête de nature et de randonnées autour de Grenoble.

Le massif du Vercors

À l’ouest et au sud-ouest de Grenoble s’étend le massif du Vercors, un vaste plateau calcaire entaillé de gorges. Ce massif domine l’agglomération grenobloise de son altitude maximale de 2 341 m au Grand Veymont​.

Il couvre une superficie d’environ 1 350 km²​ ce qui en fait le plus étendu des massifs des Préalpes du Nord. Le Vercors commence aux portes de Grenoble – les falaises du Moucherotte (1 901 m) surplombent la ville – et s’étire sur ~60 km vers le sud jusqu’en Drôme. L’accès depuis Grenoble est rapide (quelques kilomètres seulement jusqu’aux premiers contreforts à Seyssins ou Sassenage). Le Vercors est reconnu pour ses hautes falaises calcaires en barres rocheuses successives et ses forêts et alpages perchés sur le plateau​.

Le Vercors forme un véritable fort naturel : longtemps on ne le traversait que par quelques routes en gorges. Aujourd’hui encore, aucune grande voie ne le franchit de part en part facilement, ce qui a permis de préserver son caractère sauvage. Il est classé Parc Naturel Régional du Vercors. Le massif est riche en paysages variés : hauts plateaux arides, profondes forêts, gorges (comme les gorges de la Bourne ou du Furon) et sommets panoramiques.

Le spectaculaire Mont Aiguille (2 086 m), détaché au sud, est l’un des « sept merveilles du Dauphiné » et un symbole de l’histoire de l’alpinisme. Côté nature, le plateau karstique du Vercors abrite de nombreuses grottes renommées (grotte de Choranche, gouffre Berger, etc.) et une faune riche (bouquetins, chamois, rapaces…).

Le Vercors est également un terrain de jeu privilégié pour les activités de plein air. En hiver, plusieurs stations de moyenne montagne y offrent du ski nordique et alpin (Villard-de-Lans/Corrençon, Autrans-Méaudre, Lans-en-Vercors…). L’enneigement y est généreux sur les Hauts-Plateaux. En été, le massif propose de superbes randonnées (le fameux GR91 traverse le parc) et des parcours de trail, ainsi que des sites d’escalade et de spéléologie.

L’histoire a aussi marqué le Vercors : haut lieu de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, on y trouve musées et mémoriaux commémorant le Maquis du Vercors. Ainsi, entre nature, sport et mémoire, le Vercors fait partie intégrante de l’identité grenobloise.

Le massif de la Chartreuse

Paysage du massif de la Chartreuse (ici le cirque de Saint-Même), avec ses forêts verdoyantes et ses falaises calcaires caractéristiques​.

Au nord de Grenoble s’élève le massif de la Chartreuse, autre massif des Préalpes calcaires, plus petit en taille mais bien visible depuis la ville. La Chartreuse culmine à 2 082 m d’altitude au sommet de Chamechaude​. Sa superficie est d’environ 400 km²​ – un territoire plus modeste que le Vercors, mais tout aussi riche en paysages. Le massif débute aux portes de Grenoble : le mont Rachais et la Bastille, colline emblématique de la ville, en sont les premiers contreforts.

On accède rapidement en Chartreuse depuis Grenoble (une quinzaine de kilomètres jusqu’au cœur du massif). Cette montagne s’étend ensuite vers le nord jusqu’au col du Granier, à cheval sur les départements de l’Isère et de la Savoie.

La Chartreuse est constituée d’une succession de crêtes calcaires orientées nord-sud, séparées par des cols et vallées encaissées​.

Ses paysages alternent falaises abruptes, forêts d’épicéas et de hêtres, alpages et profondes gorges. Le Parc Naturel Régional de Chartreuse protège cette nature depuis 1995. Au sud, les falaises du Saint-Eynard dominent la cuvette grenobloise, tandis qu’au centre du massif on trouve de jolis villages comme Saint-Pierre-de-Chartreuse (à ~25 km de Grenoble) ou Saint-Pierre-d’Entremont. Parmi les sommets notables figurent la Dent de Crolles (2 062 m), imposant bastion calcaire au-dessus de la vallée du Grésivaudan, ou le Grand Som (2 026 m) près du monastère.

Le patrimoine historique de la Chartreuse est marqué par la présence de l’Ordre des moines Chartreux, fondé ici au XIᵉ siècle. Le monastère de la Grande Chartreuse, niché dans une reculée du massif, a donné son nom à la montagne. C’est là qu’est élaborée la célèbre liqueur Chartreuse, à base de plantes alpines, dont la recette secrète est gardée par les moines. On peut visiter le musée de la Grande Chartreuse (le monastère en lui-même restant en retrait, dans le silence).

Côté loisirs, la Chartreuse se prête bien à la randonnée pédestre l’été (sentiers vers Chamechaude, circuits du cirque de Saint-Même et ses cascades, etc.) et à la spéléologie (le réseau karstique est très développé, avec des gouffres réputés). En hiver, le massif propose quelques petites stations de ski familiales (Saint-Pierre-de-Chartreuse/Le Planolet, le Sappey-en-Chartreuse, Col de Porte…) ainsi que des itinéraires de raquette et de ski de randonnée en forêt.

Enfin, la Chartreuse est connue des amateurs de vol libre : le site de Saint-Hilaire-du-Touvet accueille chaque année la Coupe Icare, grand festival de parapente, preuve que ce massif combine traditions et sports de nature dans un cadre enchanteur.

La chaîne de Belledonne

À l’est de Grenoble, de l’autre côté de la vallée de l’Isère (Grésivaudan), s’étire la chaîne de Belledonne. Beaucoup plus alpine que les Préalpes calcaires, Belledonne est un long massif cristallin orienté nord-sud, d’environ 80 km de long pour 15 km de large, partagé entre l’Isère et la Savoie.

Son point culminant est le Grand Pic de Belledonne (2 977 m), bien visible depuis Grenoble lorsqu’on regarde vers l’est. Le massif de Belledonne s’élève brusquement depuis la vallée, atteignant rapidement plus de 2 000 m : il forme une véritable barrière naturelle sans aucun col routier pour le traverser​. La chaîne est donc très sauvage et demeurée vierge de grandes infrastructures, hormis sur ses rebords.

Belledonne commence aux environs de Vizille (au sud) et se termine au nord vers la Maurienne. Les premières pentes sont à une dizaine de kilomètres seulement de Grenoble (on accède au massif notamment par Uriage ou par la vallée du Grésivaudan). La chaîne couvre environ 1 060 km² (106 000 hectares)​ de montagnes à l’aspect minéral et abrupt : aiguilles de granite, combes glaciaires, nombreux lacs d’altitude et quelques glaciers résiduels sur les plus hauts sommets (glacier de Freydane, du Doménon…). La haute crête centrale reste souvent enneigée tard au printemps.

Sur les flancs inférieurs, on trouve des forêts de résineux et quelques alpages (comme autour de la station du Collet d’Allevard au nord). Belledonne est parsemé d’une multitude de lacs de montagne accessibles en randonnée (lac du Crozet, lac Blanc, etc.), témoins de l’ère glaciaire.

Ce massif, bien que très proche de Grenoble, offre un caractère montagnard authentique, prisé des randonneurs et alpinistes locaux. Un sentier de grande randonnée de légende, la Haute Traversée de Belledonne (GR® 738), parcourt toute la chaîne sur ~130 km (11 000 m de dénivelé)​.​

Belledonne propose aussi plusieurs stations de ski bien connues des Grenoblois : Chamrousse au sud (station olympique en 1968, accessible en ~30 km de route depuis Grenoble), les 7 Laux au cœur du massif, ou le Collet d’Allevard plus au nord. Ces domaines offrent du ski alpin avec en toile de fond les panoramas grandioses sur Grenoble d’un côté et le Mont Blanc au loin de l’autre. L’été, Belledonne devient le royaume de la randonnée alpine et du VTT. Les sentiers mènent à des refuges perchés (comme la Pra, Jean Collet…) et à des sommets panoramiques.

Les pêcheurs se plaisent autour des lacs de Belledonne, tandis que les grimpeurs s’attaquent à ses parois de gneiss. Moins médiatisé que d’autres massifs, Belledonne n’en constitue pas moins le majestueux décor de Grenoble, avec sa silhouette dentelée visible depuis la ville.

Le massif du Taillefer

Situé au sud-est de Grenoble, le massif du Taillefer prolonge Belledonne au-delà de la vallée de la Romanche. C’est le plus petit des quatre massifs entourant directement Grenoble​.

Il est délimité par la vallée de la Romanche au nord (qui le sépare de Belledonne), le plateau Matheysin au sud-ouest et la haute vallée de la Bonne (vers l’Oisans) au sud-est. Son sommet principal, le Taillefer (2 857 m), domine les environs​ et offre un panorama plongeant sur Grenoble d’un côté et sur les Écrins de l’autre. Les premiers contreforts du Taillefer sont à environ 15 km de Grenoble (du côté de Vizille et Laffrey). Le cœur du massif (autour de la station de l’Alpe du Grand-Serre ou du lac du Poursollet) se trouve à environ 30–40 km de la ville.

Géologiquement, le Taillefer est le chaînon oriental rattaché aux massifs cristallins de l’Oisans, mais il est souvent considéré à part du point de vue local. Il présente un relief moins uniforme que Belledonne : un enchevêtrement de crêtes rocheuses et de vallons d’altitude. On y trouve notamment le plateau des lacs du Taillefer, un site remarquable à ~2 000 m d’altitude constellé d’une centaine de petits lacs et tourbières (lacs Fourchu, Noir, etc.), accessible en randonnée depuis le Poursollet​.​

Ce plateau humide est classé Natura 2000 pour sa biodiversité unique. En contrebas, de jolies forêts d’épicéas et de hêtres couvrent les pentes, abritant une faune variée (chevreuils, tétras-lyres…).

Le massif du Taillefer, bien que moins connu, offre de belles possibilités de randonnées sauvages. Son point culminant est atteignable par un sentier exigeant depuis le lac Fourchu, et la vue du sommet embrasse toute la région (chaîne de Belledonne en face, massifs des Écrins et du Dévoluy au loin)​.

Un tour du Taillefer en itinérance est également balisé (en ~6 jours)​. En hiver, une petite station village, le Col d’Ornon, permet de s’initier au ski alpin et nordique dans une ambiance conviviale​

L’Alpe du Grand-Serre, à la limite occidentale du massif, est une autre station de ski familiale. Le Taillefer est par ailleurs apprécié des adeptes de ski de randonnée et de raquettes, qui y trouvent des itinéraires loin de la foule, notamment sur la crête du Brouffier ou vers le Petit Taillefer (2 690 m). Ce massif encore discret, appartenant à l’ensemble de l’Oisans par sa géographie, séduit par son caractère sauvage et préservé aux portes de Grenoble.

Le massif des Écrins (Oisans)

Bien qu’il ne borde pas immédiatement la cuvette grenobloise, le massif des Écrins – situé à environ 30–50 km au sud-est de Grenoble – mérite d’être mentionné tant il occupe l’horizon et l’imaginaire alpins depuis la ville. Il s’agit d’un massif de haute montagne, dont le point culminant, la Barre des Écrins (4 102 m), est le plus haut sommet des Alpes du Sud​.

Ce géant de roche et de glace, ainsi que le pic de la Meije (3 983 m), sont visibles par temps clair depuis les environs de Grenoble. Le massif des Écrins fait partie des Alpes dites « dauphinoises », englobant la région de l’Oisans. Il s’étend principalement dans le département voisin des Hautes-Alpes, mais son versant nord-ouest appartient à l’Isère (vallées du Vénéon, de la Romanche amont). La commune de La Bérarde (Saint-Christophe-en-Oisans), bien connue des alpinistes, se trouve à ~50 km de Grenoble et constitue une porte d’entrée du massif par le Nord-Ouest.

Les Écrins sont célèbres pour leurs paysages de haute altitude spectaculaires. Ici, pas de routes transversales : uniquement des vallées glaciaires profondes et des sommets élancés coiffés de glaciers (Glacier Blanc, glacier Noir, etc.). Le massif est en grande partie protégé par le Parc National des Écrins, créé en 1973, qui couvre 918 km² au cœur du massif. On y recense une faune alpine abondante (chamois, bouquetins, aigles royaux, marmottes…) et une flore adaptée aux étages montagnard et alpin.

Le versant Oisans du massif, côté Isère, offre des panoramas renommés, par exemple depuis le col du Lautaret ou la route du col du Galibier sur la Meije et ses glaciers. Le plateau d’Emparis (accessible depuis l’Isère) est un autre belvédère naturel sur la face nord de la Meije et le Rateau.

Le massif des Écrins est un haut lieu de l’alpinisme et de la randonnée d’altitude. Des sommets comme la Barre des Écrins ont marqué l’histoire : gravie en 1864 par les pionniers Whymper, Moore et Walker, elle fut un temps le point culminant de la France​.

Aujourd’hui encore, son ascension par le Dôme de Neige des Écrins reste un objectif prisé des montagnards expérimentés. De nombreuses courses d’alpinisme classiques s’y trouvent (la Meije, les Agneaux, le Rateau, etc.). Le Parc national propose aussi un réseau de sentiers de grande randonnée comme le GR54 – Tour de l’Oisans et des Écrins, un itinéraire en boucle de 12 jours autour du massif, passant par des cols élevés avec des vues à couper le souffle sur les glaciers (Barre des Écrins, Meije…)​.

Plusieurs refuges d’altitude jalonnent ces parcours (refuge du Promontoire, refuge de l’Aigle, refuge des Écrins…).

Enfin, autour du massif, sur ses pourtours, se sont développées des stations de sports d’hiver renommées (bien que situées sur des sommets secondaires de l’Oisans) : par exemple Les Deux-Alpes ou L’Alpe d’Huez. Ces stations tirent parti des glaciers périphériques (la station des Deux-Alpes offre du ski d’été sur glacier à 3 600 m). Depuis ces bases, on peut aussi l’été partir en excursion glaciaire ou en VTT dans les vallées environnantes.

En toutes saisons, le massif des Écrins ajoute à l’offre grenobloise une dimension haute montagne exceptionnelle. À l’horizon de Grenoble, il rappelle que la ville est la porte d’entrée d’un domaine alpin d’une grande diversité, depuis les douces collines préalpines jusqu’aux plus hauts sommets à plus de 4 000 m.

Tableau récapitulatif des massifs

MassifAltitude maximaleDistance depuis Grenoble (env.)Superficie approximative
VercorsGrand Veymont – 2 341 m0 km (pied du massif en ville)1 350 km²
ChartreuseChamechaude – 2 082 m0 km (pied du massif en ville)400 km²
BelledonneGrand Pic de Belledonne – 2 977 m~5 km (vallée du Grésivaudan)~1 060 km²
TailleferLe Taillefer – 2 857 m~15 km (massif le plus proche de l’Oisans)(petit massif ~300 km²) ¹
Écrins (Oisans)Barre des Écrins – 4 102 m~30 km (Le Bourg-d’Oisans)~1 800 km² ²

<small>¹ Le Taillefer n’ayant pas de délimitation administrative précise, sa superficie est estimée, nettement plus réduite que Chartreuse.<br> ² Le massif des Écrins dans son ensemble fait environ 1 800 km², dont 918 km² au sein du Parc National.</small>

Conclusion

Grenoble offre ainsi un environnement unique, entouré de montagnes aux caractères bien différents. Du Vercors et de la Chartreuse – massifs préalpins verdoyants et calcaires – à la chaîne de Belledonne – barrière cristalline alpine – en passant par le Taillefer sauvage et jusqu’aux géants des Écrins en arrière-plan, chaque massif autour de Grenoble a son identité propre. Cette diversité paysagère et naturelle fait le bonheur des amateurs de randonnée en montagne, de ski, d’escalade ou tout simplement des amoureux de panoramas grandioses. Que l’on soit touriste de passage ou habitant, il est facile de profiter, en toutes saisons, de ces montagnes grenobloises.

Grenoble « capitale des Alpes » porte bien son nom : elle est la porte d’entrée d’un formidable terrain de découverte alpine, invitant à l’exploration sans fin des vallées et sommets qui la couronnent. En guise d’ouverture, il ne reste plus qu’à chausser ses bottes ou skis pour partir à la rencontre de ces massifs et admirer, depuis leurs cimes, la vue sur la « cuvette » grenobloise et l’horizon infini des Alpes.

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